Amis artistes, vous vous trompez de combat !
Par web master le lundi, mai 11 2009, 13:32 - Opinions - Lien permanent
L'UFC-Que Choisir, le chapître français de l'Internet Society, La Quadrature du Net, l'Union de syndicats des artistes interprètes créateurs et enseignants de la musique, de la danse et de l'art dramatique (SAMUP) et le collectif «Pour le Cinéma» adressent cette «lettre ouverte à quelques artistes» s'inquiétant de leur avenir si le projet de loi Création et Internet et les invite à de prochaines Assises de la création et du numérique.
Chers amis artistes, vous êtes nombreux à éprouver des inquiétudes face au bouleversement que connait actuellement le monde culturel. Ces doutes sont légitimes. Cependant, nous sommes réellement décontenancés par le soutien que certains d'entre vous apportent au projet de loi Création et Internet.
Car il s'agit, en fait, de mener des actions punitives contre votre public! Créer un délit de «défaut de sécurisation» et inciter à installer sur chaque ordinateur un mouchard en permanence relié à des serveurs sous la responsabilité de l'Hadopi – Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet – freineront immanquablement le développement de l'Internet et la formidable opportunité qu'il offre à tous les artistes pour faire connaitre leurs œuvres.
Injuste pour le public et pour les artistes
Nous sommes très étonnés que vous puissiez défendre le système actuel – qui est des plus injustes envers les artistes. En effet, sur la vente d'un CD ou d'un fichier numérique, la répartition des revenus se fait dans des proportions qui sont de 92% pour les maisons de disques et 8 % pour les artistes. De plus, apprécier la santé de l'économie de la culture à partir du marché de la vente de CD ou de DVD est tellement restrictif! En effet, la vente de CD ou de fichier numérique ne représente que 16% des revenus de la Sacem; les artistes se rémunèrent bien plus avec les concerts, les passages radio et autres sonorisations publiques. Se fonder sur l'évolution de la vente des CDs pour s'opposer à cette loi, c'est avoir une logique similaire à celle qui vous aurait menés à vous battre pour l'interdiction du CD pour protéger les ventes de vinyls. La chute des ventes de certains supports a bien plus à voir avec leur obsolescence (et nouveaux usages culturels «nomades» : MP3, téléphonie mobile multimédia, Netbook, ) qu'avec le téléchargement.
Dans sa globalité, le secteur de la culture se porte plutôt bien, et les chiffres parlent d'eux-mêmes : les revenus de la Sacem n'ont pas baissé, la SACD enregistre des perceptions record et les entrées en salle explosent. Ainsi, le public, même s'il télécharge, dépense toujours plus dans la culture, alors même que – toutes les études le prouvent – le revenu disponible des ménages français est en baisse constante ces dernières années.
Le soutien du public aux artistes et à la création ne se dément pas
Dans cette mesure, est-il raisonnable de soutenir un projet de loi qui traite les consommateurs, votre public, comme de vulgaires voleurs à la tire ? Les évolutions technologiques et les nouveaux comportements qu'elles induisent ne doivent pas rompre le lien qui unit les artistes à leur public, mais le renforcer. Se mettre autour d'une table et réfléchir ensemble à une adaptation juste et équilibrée des droits du public et des artistes à l'ère d'Internet, élaborer ensemble les nouveaux modèles de financement pour la création tout en défendant les libertés d'échanges numériques condition de la diversité culturelle; c'est précisément ce que nous proposons au sein de notre plateforme Création, Public et internet. Nous sommes un regroupement d'artistes et contributeurs à la création et d'organisation de consommateurs et d'internautes qui se sont donné pour tâche d'organiser au plus vite des Assises de la création et du numérique. Nous vous encourageons à vous joindre à nous pour participer à la construction d'une nouvelle donne numérique qui réconciliera les artistes, le public et l'Internet : www.creationpublicinternet.fr




Commentaires
Etonnant!!!
etonnant qu'aucune remarque ne soit apparue lors de l'ajout à chaque DVD du spot pour lutter contre la duplication....Où l'on dit explicitement
- Vous ne voleriez pas un livre
- Vous ne voleriez pas une voiture
....
Copier , ou pirater c'est voler!!!
Là aussi le public est traité de voleur, et cela ne choque personne?
Certes les maisons de disque s'enrichissent, probablement de façon scandaleuse par rapport aux revenus que procurent leur oeuvre aux artistes.... Mais cela n'a rien à voir avec la loi hadopi, (qui n'est pas encore appliquée).. et préexistait avant....Je pense que depuis trés longtemps les artistes ne sont rémunérés qu'à hauteur de 8%
Je reste dans cette idée , probablement absurde , que si personne ne paie jamais les ouvres, et bien il n'y aura plus de création, ou plus de diffusion de la création... Que la culture restera confinée dans des salons parisiens, partagée entre bobos qui ont leurs entrées... bien loin d'une diffusion populaire, et de la culture pour tous.
Je suis aussi persuadé que le manque à gagner est réglé par ceux qui payent, et que dès lors ceux çi sont encouragés à pirater...
J'aimerai d'autre part que ceux qui acceptent le piratage, et pronnent la grandeur de la gratuité, nous fassent des articles gratuits.... Il est exaspérant d'aller sur yahoo et d'essayer de cliquer sur un article et de lire, qu'il faut s'abonner à mediapart pour pouvoir le lire..... Commencez donc par rendre votre contenu gratuit, vous serez plus crédible...
Saut que comme vous feignez de ne pas le voir! Personne ne parle de gratuité, pas plus que cette plateforme! On parle de contribuer et financer autrement!
Arrêtez de toujours remettre ça sur la table c'est fatiguant! votre mauvaise fois ne fait pas avancer les débats.
Je suis sûre que media part qui ferraille pour trouver de l'argent serait ravie de bénéficier d'une licence globale ou ils toucheraient un denier chaque fois qu'ils sont lus!
En plus vous dites copier c'est pirater, et la taxe copie privée elle sert à quoi? Les CD et DVD protéger que l'on ne peut pas recopier, alors même que l'on paie la taxe copie privée ce n'est pas du vol? Vous ne vous en offusquer pas?
Heureusement qu'il y a des initiatives comme celle là , parce que l'a franchement je me désole de voir des artistes que j'appréciai (le passé est volontaire) défendre une loi digne de la république populaire de chine!
"Je reste dans cette idée , probablement absurde , que si personne ne paie jamais les ouvres, et bien il n'y aura plus de création, ou plus de diffusion de la création... "
=> L'article vous explique justement que plus les gens consomment (et ce même en téléchargeant illégalement) plus ils vont consommer. Mais consommer de manière différente: les ventes de DVD baissent mais les entrées en salles augmentent; les ventes de CD baissent mais les concerts revivent;...
De plus la licence globale est justement la pour rémunérer la création, par l'aide d'un prélèvement minime sur la facture des internautes.
"- Vous ne voleriez pas un livre
- Vous ne voleriez pas une voiture
....
Copier , ou pirater c'est voler!!!"
=> La encore il n'y a strictement aucun rapport. Lorsque vous volez un livre vous entrainez la dépossession de l'objet à la personne, ou au magasin. Lorsque vous téléchargez une musique vous en faites une copie, multipliable à l'infini.
Il est étonnant de constater la méconnaissance de l'internet en croyant que la loi aura un effet sur le piratage.
Les faiseurs de lois seraient bien inspirer d'aller si l'on veut défendre la création, d'aller regarder le travail de Théodore Nelson, un des père fondateur de l'internet...
Son propos explique comment les majors disparaîtraient, du coup au profit des créateurs...
Mais qui défend-on avec cette loi ?
C'est comme la crise et la taxe TOBIN, on le redécouvre maintenant !
Pierre-Paul Battesti
Le fait que les maisons de disques s'enrichissent sur le dos des artiste à tout à voir avec l'Hadopi!!
Pourquoi certains artistes sont pour cette loi? Car ils estiment qu'ils ne gagnent pas assez par rapport au travail qu'ils fournissent, et ils mettent ça sur le compte des "pirates".
Or, les vrais pirates, ce sont les maisons de disques qui leur volent leur argent pour enregistrer, fabriquer et promouvoir leurs album à la télé... Les albums les plus vendus ne sont pas forcément ceux qui passent 100 fois par jours à la TV... Et enregistrer un album n'est plus une prouesse technologique (tout le monde peut le faire avec un pc normal et du bon matériel de son).
Aujourd'hui les artistes ont tous les outils à leur disposition pour promouvoir leur musique, il n'ont plus beosin des maisons de disques, et ces dernières le savent bien, et c'est bien pour ça qu'elles s'agitent.
Maintenant, le travail va se faire petit à petit. Les artistes qui voudront gagner plus, laisseront tomber les maisons de disques, vendront sur internet à prix raisonnable et gagneront plus qu'avant car au lieu de toucher 8% des bénéfices, ils en toucheront plus de 90% !
Et si je ne m'abuse, c'est le but de Création Public Internet.
Avis aux artistes intéressés... Tant pis pour les autres.
bonjour,
pas du tout d'accord pour payer 5€ supplémentaires. je ne pratique pas le téléchargement d'oeuvres hors sites payants. Donc non, mille fois non
C'est sans doute problématique de laisser une culture de l'appropriation gratuite des oeuvres se développer : même si beaucoup téléchargent ET achètent des disques (comme moi), une nouvelle génération grandit qui n'a connu que le téléchargement et ne donnera jamais le moindre sou pour acquérir un support matériel.
Cela dit, je souhaiterais faire deux remarques :
- D'abord, cette loi sera rapidement dépassée par les usages technologiques des internautes. Elle ne sert à rien, sinon à légitimer peu à peu une surveillance informatique individuelle généralisée. Ses virtualités politique sont donc plutôt flippantes, au delà du problème du piratage des oeuvres.
- De plus, les majors (avec l'ensemble de leurs sous-labels, qui contrôlent une grosse part du gâteau) ont sur-exploité un marché colossal pendant des années, vendant des disques 25€ (coût de production matérielle : 2€ max avec la pochette) sans vergogne, produisant de la merde très vite ou récupérant les artistes développés pendant plusieurs années par les labels indépendants, entubant les artistes et les consommateurs à tout va. Et ce sont les majors qui pleurent aujourd'hui, alors que la crise du disque affecte moins les petits labels au public fidèle et connaisseur. Personnellement, je ne pleurerais pas la mort des majors. Si il faut les aider à disparaître, je veux bien même donner un coup de main. Quand le milieu de la musique sera débarrassé de ces vautours, que le concert sera la source principale de revenus des artistes, qu'il ne sera plus "rentable" de transformer une danseuse sexy mais aphone en star de la pop, le milieu de la musique ira beaucoup mieux. Je le trouve d'ailleurs en ce moment en excellente santé, avec beaucoup de jeunes artistes créatifs qui émergent et se font connaître grâce à internet. Le problème aujourd'hui, c'est même qu'il y a trop de musiciens créatifs pour un public qui n'a pas fondamentalement augmenté depuis 20 ans. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que plus les majors se désinvestiront du business, mieux ça ira pour la qualité de la production musicale. Pour connaître ces choses de près, c'est une absolue certitude (les majors n'ont JAMAIS rien produit d'intéressant qu'ils ont eux même développé : ils ont toujours tout piqué aux petits labels. Par contre ils ont inondé de merde les bacs et les ondes. Qu'ils disparaissent, à cause du piratage s'il le faut, on ne s'en portera pas plus mal). Pendant ce temps là , les artistes n'auront qu'à faire des concerts. Evidemment, ça fait mal de devoir bosser un peu (enfin, je veux dire, faire ce pour quoi on est appellé "musicien") quand on s'est fait les couilles en or avec quelques tubes écrits par d'autres et des reportages sur Paris Match - hein messieurs Patrick Bruel, Marc Lavoine ou Johnny Hallyday... (si si, ce sont des "artistes")